Un banc, une avenue et la foule; voilà de quoi est faite ma vie aussi monotone, barbante, insipide qu'un chemin de fer effleuré par un monstre en métal toutes les trois milles secondes durant toute son existence et celà toujours à la même allure, vitesse, rapidité dans une parfaite constante.
Assurément, quelques événements plus ou moins remarquables pimentent ma pathétique et sinistre vie d'ermite; tiens le banc par exemple, sublimement lugubre, bâti en pierre et tout comme moi, voyant la vie animée de l'imposante assemblée qui passe, puis repasse devant nous sans même jeter un regard, ne serait-ce de pitié, de compassion pour un bloc de pierre qui avait été construi avec amour et une personne seule condamnée par cette affreuse ségrégation.
L'espoir fait vivre disait un jeune inconnu qui empruntait tout comme moi cette dynamique avenue qu'est les Champs-Elysées, tout les matins, vers huit heures, il était là, posté près de mon banc de pierre et toujours accompagné de son étonnant instrument à cordes.
C'était le seul être que j'avais pu admirer dans ma piteuse existence, car il communiquait, oui ! Il parlait avec les gens, ces êtres si mystérieux qui font passer dans ma tête ce bruit incessant et infernal résonnant encore et toujours, toujours, toujours... Ah, laissez moi pleurer mon inconscient en paix !
Mon utopie devient cauchemar et dans mon coeur la saturation des couleurs devient moindre.Vais-je un jour remplir cette feuille blanche qu'est mon ignorance ? Cette absence de communication me hante, je suis seul avec moi-même, en phase avec mon âme, mais que dis-je ? Non, je ne suis rien , c'est le néant, le vide !
La cacophonie des Parisiens sera-t-elle à jamais un mystère à mon effroyable regard baissé ? Hélas, j'en ai bien peur, les gens m'ennivrent, me tourmentent, ils sont tout autour du fantôme que je suis et pourtant ce banc, cet inconnu, cette avenue sont les seuls mirages du désert où je suis condamné.
Alors, je te dis adieu personne inconnue qui parcourt ces quelques lignes, je m'en vais vers d'autres finistères, ma germe, ma souffrance est trop grande à présent, je ne suis plus qu'un vulgaire pixel mort englouti par ceux qui brillent de milles feux.
Mais toi, être que je n'ai pas connu, n'oublie pas, le caractère se forge par les échanges avec les vivants, moi je n'aurais développé que la vue et l'ouïe avec ce bruit incessant, infernal résonnant encore, et toujours , toujours, toujours...
p.s : C'est à propos d'un homme et sa solitude qui le ronge.
n.b : Le texte est mien.
T'es-tu déjà senti seul(e) malgrés ton entourage? Cela t'arrive souvent ?